jeudi, septembre 29, 2022
 

Télétravail: comment rester en bonne santé en travaillant chez soi

La pandémie de COVID-19 a poussé bon nombre de travailleurs à rester à domicile pour assumer leurs fonctions. S’il permet effectivement de limiter les cas de contamination, le télétravail a malheureusement un inconvénient majeur: une sédentarité accrue, qui entraîne des problèmes auparavant inexistants. Examinons de plus près deux d’entre eux.

Le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien est très fréquent chez les personnes qui effectuent un travail manuel. Cependant, au cours des deux dernières années, en raison de la généralisation du télétravail, il est devenu encore plus courant. Il s’agit d’un trouble articulaire, osseux et musculaire causant un ensemble de problèmes physiques et de douleurs résultant de la compression du nerf médian au niveau du poignet. Il est dû à la compression du tractus nerveux médian passant par le canal carpien. Cette compression entraîne un processus inflammatoire du nerf lui-même, qui se traduit par des symptômes tels que des engourdissements, des fourmillements, des troubles de la sensibilité et des décharges électriques dans les doigts médians.  

Les premiers symptômes sont plus désagréables que douloureux. Mais vous devez mettre en garde vos clients: mieux vaut ne pas attendre avant d’agir. Progressivement, une perte de motricité et une douleur vive de la main irradiant jusqu’au bras apparaissent. Les plus souvent, les douleurs sont nocturnes, causant des réveils nocturnes et des insomnies. Les complications les plus sévères sont la perte de la sensibilité digitale et l’atrophie musculaire.Le syndrome du canal carpien se présente de manière bilatérale dans plus de la moitié des cas.

Une multiplicité de causes

L’apparition de ce trouble est rarement attribuable à une cause unique. Plus souvent, il est le résultat d’un certain nombre de facteurs qui vont de prédispositions anatomiques à certaines maladies (diabète, arthrite rhumatoïde ou hypothyroïdie) en passant par des blessures. Les études montrent également que les femmes sont plus susceptibles de souffrir du syndrome du canal carpien lors d’une grossesse ou de la ménopause.

Le syndrome du canal carpien est particulièrement fréquent chez les personnes qui effectuent des tâches manuelles (travailleurs de l’industrie manufacturière, ouvriers du bâtiment, couturières, musiciens, gamers, etc.) car les mouvements répétés typiques de certaines activités peuvent provoquer des microtraumatismes dans le canal carpien qui affectent le délicat nerf médian.

Le travail sur ordinateur est l’une des activités qui peuvent entraîner des problèmes. L’utilisation prolongée et continue du clavier peut entraîner des traumatismes répétés de la face palmaire du poignet. L’utilisation d’une souris implique également la répétition continue de mouvements qui ne sont pas habituels pour le poignet. Ces deux outils peuvent donc entraîner une surcharge de travail pour les mains et les poignets, ce qui peut conduire à une inflammation. Ces problèmes, déjà présents lors du travail dans un bureau, deviennent encore plus importants dans le cas du télétravail, qui s’effectue souvent dans des conditions inadaptées : postes de travail non ergonomiques, mauvaises postures, longues heures de travail, etc.

Des solutions contre la douleur

Dans les formes légères à modérées, le traitement médical fait appel à la prise d’anti-inflammatoires, la physiothérapie, l’application de poches de glace, au repos du poignet et, au port d’une orthèse, notamment durant la nuit. Enfin, les cas les plus sévères (environ un tiers) vont imposer une intervention chirurgicale.

Mal de dos: les moyens pour s’en prémunir

Le télétravail entraîne une augmentation de la sédentarité qui peut engendrer différents maux. Le premier d’entre eux est bien sûr le mal de dos. Deux causes sont à l’origine de ces douleurs dorsales naissantes: le manque d’exercice physique – accentué par le fait d’avoir soudainement retiré le peu d’activité physique réalisée lors des trajets quotidiens – ainsi qu’un poste de travail inadapté et/ou une mauvaise posture adoptée par le patient. Ces deux problèmes appellent chacun une série de solutions simples.

Les clés d’un poste de travail ergonomique

En termes de matériel et mobilier de bureau, la plupart des gens sont bien mieux lotis sur leur lieu de travail qu’au sein de leur foyer. Pour commencer, beaucoup n’ont pas de pièce dédiée à leur activité et de ce fait, s’improvisent un bureau sur un coin de la table du salon ou pire, sur le canapé. S’ensuivent des tensions musculaires dans diverses parties du corps, y compris au niveau des lombaires.

Premier conseil à donner à vos clients: s’équiper d’une chaise confortable et d’un bureau suffisamment spacieux. Le corps doit être bien calé contre le dossier de la chaise. Chaise et bureau doivent être réglés de manière à ce que les pieds reposent bien à plat au sol et à ce que les avant-bras prennent naturellement appui sur le plateau. Les genoux doivent se trouver au même niveau que le bassin (si l’assise est trop haute, un marchepied peut être utilisé).

Vous pouvez également leur suggérer de travailler debout, dès que la tâche le permet (lecture d’un document, appel téléphonique, ou toute autre action qui ne requiert pas d’être assis devant l’écran). Toujours dans le souci de varier les postures, proposez à vos clients d’opter pour un tabouret ergonomique ou un ballon (de type swiss ball); ce dernier incite le corps à adopter une posture dynamique, qui renforce la sangle abdominale et les muscles lombaires.

De nouvelles raisons de bouger

Travailler depuis chez soi signifie que l’on n’a quasiment plus à se déplacer. Nul besoin de sortir son vélo du garage, ou de courir après le bus/le métro, ni de dévaler les escaliers de peur d’être en retard. Inutile de se dégourdir les jambes à la pause déjeuner à la recherche d’un en-cas: il suffit d’ouvrir le frigo! Si ce mode de vie est certes moins stressant, le télétravail supprime tous les «micro-déplacements» qui constituaient, pour certains, leur seule activité physique de la journée. Pour combler le manque, vous devez amener vos clients à trouver de nouveaux prétextes pour bouger régulièrement.

Par exemple, il peut être opportun, en début et fin de journée, de profiter du temps habituellement consacré aux trajets quotidiens pour réaliser, chez soi, quelques exercices de renforcement musculaire; une marche rapide autour du domicile, à la pause déjeuner, peut être suggérée aux clients qui présentent des signes de déprime. Les pause-café entre collègues pourront, quant à elles, être remplacées par des séances d’étirement particulièrement bienfaitrices. Enfin, rappelez-leur que certaines tâches domestiques (vaisselle, lessive, aspirateur, etc.), peuvent aussi constituer quelques minutes de «mouvements» supplémentaires à prévoir au cours de la journée.

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